Les Amazones de la Rive Gauche
Les Amazones de la Rive Gauche
Avant d’être lié à ce club poétique sympathique et lesbien de la capitale, les mots de Rive Gauche se référaient surtout à cette communauté de femmes riches (financièrement et spirituellement) qui, durant les Années Folles, refusaient les conventions sociales.
Ces filles du vent (et souvent de Sappho) qui portaient des cheveux courts, fumaient des cigarettes et fréquentaient les bars (tiens ...) multipliaient également les productions artistiques (littérature, théâtre, danse, peinture) plaçant ainsi la femme sur le devant de la scène. Véritables pilliers du Paris Lesbos, elles s’attachaient à réaffirmer le désir féminin, et à évoquer l’amour saphique, mais dans les attentes d’un public de femmes (et non plus seulement d'hommes). Leurs noms : Nathalie Clitford Barnay, Colette, Renée Vivien ainsi que leurs muses, leurs amies, qui ont toutes participé à la renommée de la rive gauche et à la réputation de Paris en tant que véritable … SIN CITY
(voilà un bel anachronisme!!!! ["sin"= péché])
Nathalie Barnay (1872-1972), dite l’Amazone
:
Cette Américaine installée à Paris a publié des poèmes d’amours lesbiens et écrit une pièce de théâtre sur Sapho (texte aujourd’hui introuvable). Intelligente, très séductrice, elle tenait un salon et multipliait les aventures. Colette, Renée Vivien, la nièce d’Oscar Wilde …
Des citations :
"Le féminisme ne peut être une question de sexe
puisque le Français est plus femme que l'Anglaise. »
« La plus difficile des réalisations : soi-même »
«Comme d'autres ont besoin d'ivresse, j'ai besoin de plein-air. »
Ses œuvres : Eparpillements
Nouvelles pensées de l’Amazone…

The weeping venus [la venus triste] par Brooks

Ida Rubinstein (1885-1960), danseuse et mécène d’origine russe
dont la grâce fascinait Romaine Brooks

Elisabeth de Gramont (1875-1954), Duchesse et femme de lettres
Elle a traduit de nombreux ouvrages écrit des Mémoires. Très proche de Proust, elle lui aurait inspiré le personnage de la Duchesse de Guermantes (A la recherhce du temps perdu).
Elle fut aussi la grande amante (mais aussi amie ) de Nathalie Barnay.

Portrait par Romaine Brooks
(après qu''Elizabeth eut abandonné [et oui elle aussi] mari et cheveux longs? )
Biographie:Elisabeth de Gramont, avant gardiste, par Francesco de Rapazzini (2004)
Renée Vivien (1877-1909) : elle aimait Baudelaire et Sapho Elle mourrut en 1909 d’anorexie.
Ceux-là dont les manteaux ont des plis de linceuls
Goûtent la volupté divine d’être seuls.
Leur sagesse a pitié de l’ivresse des couples,
De l’étreinte des mains, des pas aux rythmes souples.
Ceux dont le front se cache en l’ombre des linceuls
Savent la volupté divine d’être seuls.
Ils contemplent l’aurore et l’aspect de la vie
Sans horreur, et plus d’un qui les plaint les envie.
Ceux qui cherchent la paix du soir et des linceuls
Connaissent la terrible ivresse d’être seuls.
Ce sont les bien-aimés du soir et du mystère.
Ils écoutent germer les roses sous la terre
Et perçoivent l’écho des couleurs, le reflet
Des sons... Leur atmosphère est d’un gris violet.
Ils goûtent la saveur du vent et des ténèbres,
Et leurs yeux sont plus beaux que des torches funèbres.
Pendant longtemps, je fus clouée au pilori,
Et des femmes, voyant que je souffrais, ont ri.
Puis, des hommes ont pris dans leurs mains une boue
Qui vint éclabousser mes tempes et ma joue.
Les pleurs montaient en moi, houleux comme des flots,
Mais mon orgueil me fit refouler mes sanglots.
Je les voyais ainsi, comme à travers un songe
Affreux et dont l’horreur s’irrite et se prolonge.
La place était publique et tous étaient venus,
Et les femmes jetaient des rires ingénus.
Ils se lançaient des fruits avec des chansons folles,
Et le vent m’apportait le bruit de leurs paroles.
J’ai senti la colère et l’horreur m’envahir.
Silencieusement, j’appris à les haïr.
Les insultes cinglaient, comme des fouets d’ortie.
Lorsqu’ils m’ont détachée enfin, je suis partie.
Je suis partie au gré du vent. Et depuis lors
Mon visage est pareil à la face des morts.
Sonnet féminin
Ta voix a la langueur des lyres lesbiennes,
L’anxiété des chants et des odes saphiques,
Et tu sais le secret d’accablantes musiques,
O ù pleure le soupir d’unions anciennes.
Les Aèdes fervents et les Musiciennes
T’enseignèrent l’ampleur des strophes érotiques
Et la gravité des lapidaires distiques.
Jadis tu comtemplas les nudités païennes.
lien intéressant
Colette
Je vous renvoie à vos manuels scolaires (quoi que ...)
ainsi qu'aux nombreuses études déjà publiées sur cette grande dame

Gertrude Stein
Vous trouverez sur cette page une biographie complète ("bonjour paresse"!), mais on raconte qu'elle pourrait être à l’origine des mots (et non du mouvement)
Beat Generation ("génération perdue"). Si l'anthologie que je lis en ce moment se réferre au saphisme, je vous fais signe, maispour l'instant:rien de grandiose, sinon que Burroughs (William) et l'autre [Allan Ginsberg ?] se sont rencontrés dans un bar lesbien; mais aussi le nom de Gertrude Stein pour avoir qualifié cette génération de perdue; mais avait-elle attendu la bonne dame pour partir à la dérive? Pour s'en rendre compte peut-être; et encore j'ignore si Gertrude Stein parlait bien de ces auteurs là; enfin je sors de mon sujet ...

Paris était une femme, par Andrea Weiss et Greta Schiller, 1996 (livre et film)
Wild Girls : Paris, Sappho and Art - the love life of Natalie Barney and Romaine Brooks, Diana Souhami
La prochaine fois : les Sewing Circles d’Hollywood, autrement dit Greta Garbo, Marlene Dietrich …+" la librairie des filles et des garçons manqués"